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Juninho : le pied adroit, le cœur à gauche

Le 15.11.2020 par AymericDebrun

Juninho, légende de l’Olympique Lyonnais, est avant tout connu pour avoir été un joueur de football de très haut niveau. Parallèlement pourtant, l’actuel Directeur Sportif de l’OL n’a jamais hésité à s’engager dans des débats politiques au sujet de son pays. Dans cet article, nous allons tenter de vous éclairer sur l’autre combat que mène l’ancien numéro 8 au quotidien.

En préambule de cet article, je souhaite remercier du fond du cœur Michel RASPAUD, sociologue français spécialisé sur le football brésilien, et Danilo ROCHA LIMA, journaliste franco-brésilien fondateur de la plateforme Headline, pour leurs précieuses informations et leurs éclairages. 

10 ans après, la passion est intacte

Nous sommes le 26 mai 2019, Antônio Augusto Ribeiro Reis Júnior, plus connu sous le nom de Juninho Pernambucano, vient d’atterrir à l’aéroport Lyon Saint-Exupéry. Il est chaudement accueilli par son plus grand fan, l’homme qui considère Juninho comme son second fils, Jean-Michel Aulas.

10 ans jour pour jour après l’annonce de son départ par le Président de l’Olympique Lyonnais, l’enfant chéri de la capitale des Gaules est de retour dans le club septuple champion de France, mais cette fois-ci en qualité de Directeur Sportif. L’histoire ne peut qu’être belle.

Conscient d’une fracture entre une frange importante des supporters et le club lyonnais, Jean-Michel Aulas abat sa carte majeure et décide de faire le plus beau cadeau qu’aurait pu espérer n’importe quel supporter de l’OL : le retour au club de la légende brésilienne aux 100 buts lyonnais, Juninho Pernambucano.

Un joueur fabuleux, un homme d’exception

Son retour au premier plan au niveau européen a permis à tous les fans de foot de découvrir une facette alors peu connue de sa personne : son engagement social et politique sans concession, engagement qui fit changer radicalement l’opinion de beaucoup de ses détracteurs qui abhorraient sa roublardise sur le terrain.

Ces détracteurs, qu’ils soient marseillais, stéphanois ou parisiens, ont pu découvrir, notamment via deux interviews-fleuves accordées à El Pais et au Guardian(traduit en français par le site Demivolee.com), la personnalité de Juninho, son combat pour un monde plus juste et équitable, son engagement pour une plus grande implication des anciennes gloires du ballon rond, mais aussi et surtout sa lutte contre la politique antisociale et discriminatoire du président du Brésil, Jair Bolsonaro.

Et force est de constater que beaucoup ont dû se résoudre à commencer à apprécier celui qui peut être considéré comme le Directeur sportif le plus humain et progressiste du championnat français de football…

De Recife au Vasco, aux origines de ses valeurs

Si dans son interview accordée à El Pais publiée le 6 octobre 2018, le Directeur sportif de l’Olympique Lyonnais explique que c’est en France, grâce au côté humain des Français, qu’il a été éveillé à la politique, Juninho est né et a grandi dans un contexte particulier qui est aussi à la base des valeurs qu’il défend.

Juninho Pernambucano a vu le jour à Recife, capitale de l’État du Pernambuco (d’où « Pernambucano »), situé dans le Nordeste brésilien. Si Juninho est plutôt issu de la classe moyenne, il est fortement influencé par son lieu de naissance. En effet, Recife est la capitale d’un État assez pauvre, traversé par de fortes inégalités et une ville marquée politiquement et connue historiquement comme étant une ville d’opposition, notamment à cause de son fort engagement contre la dictature militaire (1964-1985).

La figure de cette opposition est l’évêque Hélder Pessoa Câmara, surnommé « L’évêque des pauvres » ou encore « L’évêque rouge ». Câmara est une des principales figures ayant fortement orienté Juninho dans la construction de son identité politique et sociale.

Aujourd’hui encore, l’État du Pernambouc et sa capitale Recife influent fortement sur le positionnement politique du Brésil.

Helder Camara

« L’évêque rouge » n’est pas la seule figure socio-politique majeur issue de l’État du Pernambuco. L'ex-président Luiz Inacio Lula da Silva, surnommé Lula, en poste entre 2003 et 2010, est lui-même né à Caetés, ville de l'intérieur de cet État, en 1945 et ce n’est qu’au début des années 1950 qu’il émigra avec sa mère et ses frères et sœurs vers l'État de Sao Paulo. Ce membre fondateur du Parti des Travailleurs est souvent présenté par Juninho comme sa principale source d’inspiration et Juni reste un des plus fervents défenseurs de cet ancien ouvrier métallurgiste, et ce, malgré ses déboires politico-judiciaires.

Cette identité territoriale et cet héritage influencent encore Juninho dans sa pensée, comme l’explique Danilo Rocha Lima, journaliste franco-brésilien et ancien étudiant à Recife : « Juninho vient d’une région pauvre et bien qu’il ait eu l’occasion d’accéder à d’autres étages de l’ascenseur social brésilien, il n’a pas oublié ses racines ».

En 1995, après avoir passé trois saisons au Sport Recife, club phare de l’État de Pernambuco, Juninho rejoint Vasco de Gama, à Rio de Janeiro. Dans ce club, il remporte à deux reprises le championnat du Brésil et glane la Copa Libertadores, équivalent sud-américain de la Ligue des Champions, aux côtés notamment de Romario, Edmundo, mais aussi de son homonyme brésilien, Juninho Paulista.

Parallèlement, il continue à forger son identité politique et renforce ses convictions sociales dans ce club connu pour avoir été un des premiers au Brésil à accepter des personnes de couleur dans son équipe. Auparavant, les footballeurs noirs devaient mettre de la poudre sur leur visage pour pouvoir jouer. Depuis, Vasco, fondé par des travailleurs immigrés portugais installés au Brésil, est connu pour sa politique d’ouverture raciale et garde ainsi l’ADN d’un club populaire. 

Vasco de Gamma

Le grand saut, le grand choc

Le 25 juin 2001, Juninho peut enfin rejoindre officiellement l’Olympique Lyonnais. En effet, bien qu’il signe son contrat avec l’OL le 23 mai 2001, il doit attendre de nombreuses semaines marquées par une lutte juridique acharnée contre son ancien club de Vasco. En effet ce dernier est condamné à le libérer de son contrat suite au non-respect du versement des contributions au fonds de garantie des travailleurs, et ce, durant les six années de son contrat.

L’OL réalise ainsi un sacré coup gagnant durant ce mercato en récupérant gratuitement ce joueur brésilien au palmarès déjà bien fourni et qui commence à se faire une place dans la Seleção (11 sélections entre 1999 et l’été 2001). Ce pari se révèle plus que réussi : durant les 8 saisons qu’il passe au club lyonnais, Juninho remporte 7 Championnats de France, 1 Coupe de France, 1 Coupe de la Ligue et 3 Trophées des champions (mais aussi 1 Peace Cup en 2007, compétition organisée par la « Secte Moon », cocasse).

Mais, ce n’est pas tout. Durant ces années, Juni se forge (ou renforce, selon les opinions) une véritable conscience politique et sociale au contact des Français. Il rencontre un peuple qu’il trouve profondément généreux, solidaire, une société ouverte et intégratrice qui tente de lutter contre les inégalités, qu’elles soient économiques ou raciales.

Si ce constat peut apparaître assez irréel, voire loufoque, à travers nos yeux de « Français », il faut remettre les choses en perspective en ayant bien conscience des fractures sociales et raciales au Brésil et de la violence qui gangrène cette société.

Son long séjour en France lui permet de mieux comprendre son pays, surtout ses maux, et il prend ainsi conscience de la nécessité de transformer le Brésil et notamment les rapports sociaux très durs et inégalitaires régissant le quotidien des Brésiliens. Et pour cela, il lui apparaît indispensable que les sportifs s’engagent dans ce combat du fait de leur influence et de la dimension politique et sociale du sport dans la société brésilienne.

Pour résumer son expérience européenne, Juninho déclare : « Le football [en Europe] m’a enseigné à voir le monde. Le football m’a sauvé la vie ».

La seconde rencontre qui le marque à jamais est celle du footballeur français (mais plus globalement celle du footballeur non brésilien). Il découvre ainsi que les choix de carrière de certains sont bien davantage dictés par leur attachement profond aux couleurs d’un club que par la recherche systématique des meilleures conditions financières possibles. Cette démarche et cette façon de penser profondément humaine et identitaire lui permettent aussi de pointer du doigt un des principaux maux du football brésilien : l’argent.

En effet, c’est l’appât du gain qui pousse les joueurs à partir trop tôt du Brésil, souvent dans des clubs au projet sportif peu clair. Souvent issus des milieux défavorisés, les jeunes footballeurs souhaitent avant tout aider leurs proches. En parallèle, les clubs et leurs agents essayent eux d’exporter leurs pépites toujours plus jeunes, sans réellement se soucier de leur avenir sportif. Et malheureusement pour eux, et pour Juninho, cette situation ne cesse de s’aggraver, en témoigne les récents transferts de Rodrygo ou Reinier au Real Madrid, respectivement engagés, à 17 et 18 ans, pour 45 et 30 millions d’euros.

De la nécessité de s’engager

S’il peut paraître très dur envers les footballeurs qui ne s’engagent pas pour améliorer le quotidien de leurs compatriotes et lutter pour une société plus juste et égalitaire, Juninho a toujours voulu marquer une différence entre les sportifs à la retraite et ceux en pleine carrière.

Les joueurs actuels ne peuvent pas (ou très difficilement) prendre le risque de se mobiliser. Une carrière est courte et les opportunités sont volatiles. Sortir de sa neutralité et s’exposer peuvent effrayer les clubs comme les sponsors. De plus, pour la plupart, ils sont dans une telle bulle qu’ils peuvent ne pas avoir conscience de la réalité de la situation. Lui-même, durant sa carrière, ne se manifesta que très peu au sujet des problèmes humains au Brésil.

A l’inverse, les anciens footballeurs, qui ont eu tout le loisir de garantir leur futur, ont comme devoir de dénoncer les maux de la société brésilienne et de s’engager pour profondément changer le système. Pour lui, ne pas s’exprimer est inadmissible, c’est une trahison. Les footballeurs brésiliens ont une allégeance envers leurs racines, du fait, pour la grande majorité, de leur extraction populaire. Ils se doivent d’essayer de rendre la société plus tolérante et juste. La démocratie brésilienne est en danger et les inégalités sociales ne cessent de croître (notamment depuis l’accession au pouvoir de Bolsonaro), fermer les yeux face à cette situation lui semble criminel.

Ainsi, dès la fin de sa carrière, et de manière encore plus affirmée et radicale depuis quelques années, Juninho s’engage profondément, sans concession.

Fin de carrière et retour au bercail

Après plusieurs piges au Qatar, aux États-Unis et au Brésil (notamment au Vasco, son dernier club brésilien avant le grand saut européen), Juninho décide de raccrocher les crampons en 2014, à 39 ans. Il commence alors une courte carrière de journaliste, notamment pour la chaîne de télé Rede Globo et pour la Rádio Globo, pour lesquelles il commente des matchs et participe à des émissions d’analyse.

Juninho Globo

Rapidement, il est dégoûté par certaines parties prenantes du milieu footballistique brésilien, notamment plusieurs agents de joueurs qui ont de trop grandes connivences avec des journalistes, ces derniers jouant le rôle de lobbyistes pour leurs poulains. Ainsi, une réelle censure règne dans les médias sportifs brésiliens, relative notamment au niveau réel de certains joueurs, ce qu’il a énormément de mal à accepter.

Parallèlement, Juninho supporte de moins en moins l’incompétence globale des consultants comme nous l’explique Michel Raspaud : « Juninho estimait que les journalistes à Globo n’avaient pas le niveau technique pour pouvoir critiquer les joueurs, les matchs, le fonctionnement des joueurs ».

Enfin, le football est, pour lui, traité de façon bien trop légère par les médias et ces dimensions politiques et sociales au Brésil ne sont absolument pas abordées.

Progressivement, Juninho dérange dans le milieu. Vu comme l’irascible, le poil à gratter, il devient la cible de menaces provenant de supporters et d’auditeurs, suite notamment aux critiques qu’il formule concernant la gestion des jeunes pépites dans le championnat auriverde (particulièrement Vinicius Jr., maintenant au Real Madrid).

Malgré tout, il demeure influent et est respecté par une frange de spécialistes, mais aussi par certains ultras, notamment ceux de Vasco et de Recife, équipes pour lesquels il a joué, ou encore ceux de Corinthians, club hautement symbolique du fait de son passé marqué par l’expérience démocratique corinthiane.

Corinthians, Meu Timao

Un discours progressiste… mais inaudible en France 

Lassé par ce milieu, il démissionne en 2018 pour prendre du recul sur le football brésilien et pouvoir parler plus librement. Depuis, il multiplie les prises de position et les interviews pour expliquer sa vision du Brésil et de son football, mais aussi, et surtout, pour critiquer la politique sociale désastreuse de Jair Bolsonaro.

Danilo Rocha Lima explique ainsi que « Juninho s’inscrit dans le contexte d’un pays champion des inégalités sociales mené par un adepte des fake news qui se moque des notions de justice sociale. ».

Sa voix porte, et de nombreux ex-sportifs brésiliens se rapprochent de lui (ou tentent tout du moins) du fait de valeurs et positions communes (Raï, Walter Casagrande Junior, Leonardo, Grafite, l’ex-star du tennis Gustavo Kuerten ou encore la nageuse Joanna Maranhão). Ainsi, plus de 60 sportifs se sont réunis pour lancer un manifeste qui appelle à lutter pour la défense des droits de l'homme et à dénoncer ainsi la politique du « Trump brésilien ».

Malheureusement, l’engagement de Juninho (et des autres sportifs brésiliens à la retraite) et sa critique de la société et du football brésilien sont très peu ou très mal connus en France. La pauvreté du traitement et de l’analyse de ces interviews données au Guardian et à El Pais en sont deux exemples. Dans celle publiée sur le Guardian, Juninho se montre critique envers Neymar dans une partie de ses propos. Cependant, contrairement à ce qu’ont pu expliquer massivement les médias français, il ne critique pas tant le joueur, qui pense davantage à sa situation financière qu’aux aspects purement sportifs de sa carrière, que le symbole qu’il représente et le système qui l’a amené à penser ainsi.

Cependant, du fait de leur incompétence (ou de leur malhonnêteté), les médias spécialisés n’ont conservé que les passages concernant Neymar, et de plus, en les tronquant largement, laissant totalement de côté de larges pans de l’article empêchant ainsi la plupart d’entendre la critique de la société brésilienne et du système de Bolsonaro développée dans cette interview.

De façon générale, les plus gros médias sportifs français ne s’intéressent que très peu aux problématiques sociales et politiques (voire bloquent tout sujet trop sulfureux qui pourrait déranger des personnes trop puissantes, hein Romain ?).

Quid des footballeurs brésiliens actuels ?

Une énorme majorité des joueurs qui se sont exprimés depuis l’émergence du « Trump des Tropiques » sont majoritairement en faveur de ce dernier (notamment Lucas Moura, Neymar ou l’ancien juventini Felipe Melo, mais aussi les ex-Lyonnais Rafael, Marçal ou encore Marcelo) tout comme une vaste part des anciennes gloires brésiliennes (Ronaldinho, Kaká, Cafu ou encore Taffarel).

Bolsonaro et Ronaldinho / Photo : Exame

Comment l’expliquer ? La plupart de ceux-ci sont issus des quartiers défavorisés des grandes villes brésiliennes et sont dépourvus de toute formation de qualité. Ainsi, Michel Raspaud nous explique que « l’éducation est quelque chose qui coûte cher au Brésil. Dès que l’on souhaite que son enfant réussisse, on le met dans des écoles privées. Ainsi, en général, les (futurs) footballeurs arrêtent l’école assez tôt par manque de moyens. Aussi, si le milieu familial n’est pas structurant politiquement, ce n’est pas dans le milieu du football qu’ils se feront une culture politique ».

Ces footballeurs n’ont de citoyen que le nom et, rapidement, ils touchent des sommes si astronomiques qu’ils sont, soit noyés par leur carrière et totalement hors-sol, soit amenés à défendre des positions allant dans la direction de leurs intérêts et leurs communautés.

Bolsonaro, président des footballeurs ?

Bolsonaro, parallèlement, utilise le football comme une véritable arme de communication, en témoigne le nombre de photos postées de lui avec un maillot d’un club brésilien, quasi toujours d’une équipe différente. Il a réussi à faire croire aux footballeurs qu’il est leur meilleur allié en jurant notamment de lutter contre la violence urbaine et de nettoyer les favelas, ce qui parle aux footballeurs qui ont vécu les fusillades et qui, désormais, souhaiteraient voir leurs proches et leurs deniers protégés.

Il multiplie par ailleurs les prises de position machistes et virilisées, tient des discours religieux zélés, ce qui plait fortement à de nombreux footballeurs locaux qui font souvent référence à Dieu dans leurs interviews ou lorsqu’ils célèbrent leur but. Il joue aussi sur la corde financière en promettant des coupes budgétaires et des baisses d’impôts.

Ainsi, comme l’explique le compte twitter @FCGeopolitics, il a su parler de leurs racines, en évoquant régulièrement Dieu et en leur promettant de sécuriser le pays, mais aussi de leur futur, notamment financier, en annonçant une réduction de la fiscalité.

Ce rapprochement entre le Président et ces sportifs aux racines populaires ne manque pas d’exaspérer Juni : « Je me mets en colère quand je vois un joueur ou un ex-joueur voter pour l’extrême droite […] Nous venons d’en bas, nous avons été élevés au sein du peuple. Comment l’oublier ? Comment être de ce côté ? Tu vas soutenir Bolsonaro, mon frère ? ».

Si Juninho pointe principalement du doigt l’immobilisme des acteurs du football brésilien qui s’arrangent voire profitent du système inégalitaire en place, les Européens, et notamment les clubs, ne sont pas en reste. En effet, ce système arrange bien des acteurs outre-Atlantique qui exploitent celui-ci pour récupérer les pépites brésiliennes toujours plus jeunes (mais aussi toujours plus chers), profitant à la fois des profondes inégalités traversant le pays, de l’incrédulité des joueurs, mais aussi du manque de pare-feu à leurs départs et de « proches » de joueurs aux intérêts assez troubles…

Les motifs d’espoir de voir la société brésilienne inégalitaire et violente évoluer, mais aussi le milieu footballistique brésilien être profondément transformé sont rares. Heureusement, une chose est certaine : Juninho ne lâchera rien et sera toujours prêt à dégainer.

À propos de l'auteur

Cet article a été rédigé par AymericDebrun, membre du Café du Commerce OL.