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Le Gang des Lyonnais #VDT22

Le 06.02.2019 par tyfoun

Cette sensation si familière

Ah, ce match face au club de la capitale. À chaque fois qu’il arrive, c’est la même chose, le même sentiment d’impuissance face à cette armada offensive construite à coup de millions. Ce sentiment bien étrange malgré Neymar absent encore une fois. Le brésilien n’est toujours pas venu faire sa petite visite dans ce formidable outil.

Ce stade qui les grands soirs revêt cet habit de lumière qui lui va si bien. Quand on arrive sur le parvis des navettes, le stade trône sur l’esplanade brillant de mille feux, rappelant à tous le premier nom qu’il lui a été donné « Stade des Lumières ». On le sait, beaucoup ne sont pas des habitués mais des gens qui profitent d’un match de « gala ». Moins de maillots sur les épaules que lors d’un derby ou d’autres matchs qui attirent plus de passionnés.

Avec le froid polaire qui entoure le stade, je fais le choix de filer au chaud sous les tribunes, le temps de prendre de quoi se réchauffer pour le match. On monte dans une tribune qui 1h30 avant le début du match est déjà bien garnie. Rien n’avait filtré sur le tifo réalisé entièrement par le noyau des Bad Gones, lorsqu'on arrive on aperçoit ce système de poulie bien en place et qui montre que les Bad Gones ont prévu le tifo des grands soirs. Les tribunes du virage se garnissent vite et sont presque pleines au moment où Anthony Lopes rentre sur le terrain pour l’échauffement. Le public est déjà chaud. Le noyau en profite pour faire passer les instructions sur le tifo, c'est le déclencheur... On ressent l’ampleur de l'événement : bâche, feuille, voile, les mecs ont sorti la totale, ça va claquer.

Des virages des grands soirs

Puis les joueurs rentrent, le stade est presque plein, seuls les gens des salons profitent encore des petits fours (il faut les comprendre, ils sont vraiment bons ces petits fours et le champagne est gratuit), les chants partent déjà. On discute avec les voisins et les pronostics ne sont pas franchement optimistes. La seule statistique qui nous rassure c’est que sur les trois matchs au Parc OL, ils ne sont venus gagner qu’une seule fois. Le PSG a ce don de nous pousser à donner de la voix, un peu comme face à Manchester City, on veut les pousser à réaliser l’impossible. Cet impossible, qu’on veut rendre réalisable à 60 000. Quand les joueurs rentrent au vestiaire, le stade est debout prêt à suivre un Virage Nord chaud bouillant et un Virage Sud qui n’attendent qu’à en découdre.

Alors que le show du Super FootBowl - bien loin des soirées football à Gerland - démarre du côté du Virage Nord, on prépare le spectacle, le vrai. Coordination entre les bâches qui descendent, la voile qui se hisse au rythme des « 1, 2, 3 levez ». Comme un Quarterback qui place sa ligne offensive, le responsable tifo aligne le niveau du mat corde après corde (alors le marketing à outrance en bon lyonnais du virage, je ne suis pas fan, mais il permet quand même des métaphores sympa). Face à moi, l’écharpe Bad Gones suspendue au mousqueton de Guignol, juste un petit angle pour apercevoir ce Virage du Sud et le Gang des Lyonnais qui souhaite à nouveau s’en prendre à la banque parisienne. Le stade est beau, le stade vibre et l’adrénaline est en train de prendre le pas sur la peur et même sur la frustration qu’a engendré le jeu lyonnais ces dernières semaines. Il est là le secret des supporters qui chantent quoi qu’il advienne, la piqure à l’adrénaline qui te booste avant un grand match, ce moment qui fait que tu ne penses plus qu’à une chose : tout donner pendant 90 minutes.

 

Le match va commencer avec une autre piqûre, une piqûre de rappel : ne pas laisser Mbappe nous filer dans le dos car dès la première minute, il s’envole vers le but et manque, heureusement pour nous, de justesse le cadre. Si les joueurs se font une belle frayeur, en tribune on imagine le signe que cette fois le vent tournera peut-être pour nous. C’est pourtant tout juste 6 minutes plus tard que Di Maria vient ouvrir le score, et alors le stade se tait en ayant le pressentiment que la soirée pourrait être longue, que l’argentin va provoquer le destin… Tandis que les parisiens retournent dans leur camp, l’international argentin se retourne seul face au virage avec une mimique provocante. Grave erreur de sa part, car un virage qui aurait pu être assommé par ce but n’en est que plus enragé, et alors que l’OL est mené, la vigueur des chants est redoublée avec l’étrange volonté de lui faire regretter.

Mais très rapidement vient la 9ème minute et le besoin de laisser la haine de côté pour rendre hommage à Emiliano Sala dont l’avion est toujours (à l’instant de cette minute d’hommage) disparu. Le stade applaudit, le jeu continue mais notre regard se dirige vers cet écran géant ou la photo du regretté « Emi » apparaît le temps d’une minute. Les chants lyonnais vont à la famille nantaise, conscients qu’ils vivent un drame. Les lyonnais reprennent le nom de l’argentin haut et fort, un joueur qui s’est toujours battu, qui a toujours mouillé le maillot, un joueur comme on les aime par chez nous. Alors on comprend le temps d’un instant la douleur vécue par le peuple nantais. Et si le football peut parfois opposer deux équipes, deux peuples, il sait les unir quand il le faut pour soutenir ceux qui en ont besoin.

Je ne saurais vous dire ce qu’il s’est passé sur le terrain durant cette minute mais après les lyonnais ont repris le dessus, gardé le ballon et mis en danger les parisiens. C'était sans compter le grand Alphonse, celui des grands soirs, celui qui pourrait se faire tout doucement une place en Équipe de France.  En l’espace de quatre minutes, il réalise des parades devant Bertrand Traoré, Moussa Dembele, Nabil Fekir et Memphis Depay. Tous les attaquants y sont passés, aucun ne parvient à tromper le portier originaire des Philippines. On craint alors que le gardien ait fermé boutique et que rien ne passera. Néanmoins on redouble de force dans nos chants en espérant dégonder le rideau métallique que le gardien parisien a tiré. Sur une frappe lointaine du capitaine lyonnais, Areola s’illustre de nouveau, on commence à se dire qu’on va le payer à force de laisser passer notre chance de revenir au score. L’angoisse monte, on évacue par les chants, on sent que l’OL domine, que l’équipe peut le faire. On veut leur faire entendre qu’avec eux, ce soir on veut y croire. Peu importe la saison que vous faites, quand des échéances pareilles se présentent vous voulez tout donner.

Et le public va être payé, le sort a tourné. Sur un centre millimétré de Léo Dubois, Moussa Dembélé devance Areola qui glisse au moment de prendre ses appuis, et la tête de l'international espoir français envoie le ballon directement au fond des filets. Ce même duo qui avait éteint 43 000 supporters à 60km de là, vient en réveiller 60 000 deux semaines plus tard, ivres de joie ! Dembélé nous régale même d’une belle gamelle sur sa célébration, le stade est debout, il saute à l’unisson. Et histoire de prendre un nouveau shoot d’adrénaline, Jason Denayer va remettre son costume de pompier de service en repoussant le ballon juste devant sa ligne, alors que Lopes semblait battu sur une frappe de Di Maria. Le karma à n'en pas douter...

Chanter pour espérer

Au retour des vestiaires, le public est déjà chauffé à blanc. Le -4°C qu'indique le mercure n’a pas suffi à faire retomber la tension, et visiblement sur le terrain aussi puisque les joueurs reviennent eux aussi gonflés à bloc. Dès le début de la seconde période, Dembélé est lancé dans le dos de la défense, il feinte Thiago Silva, crochète et s’effondre après un blocage du genou par le défenseur parisien, les 60 000 personnes fixent Clément Turpin... pénalty !

Alors honnêtement entre ce moment-là et le but, je n’ai rien vu. J’ai le bonnet enfoncé sur le visage, le bout des gants entre les dents et je ne veux rien voir. Le silence se fait, seul moment de calme de ce match. Et ce moment de calme est rompu par un peuple qui se lève pour fêter son capitaine. Telle la foudre qui frappe dans le calme de la nuit, le cri de joie des supporters lyonnais rugit dans le ciel de Décines. Regard sur le chrono, on constate que ça va être encore long. Mes ongles ne verront pas le bout de la nuit et je ne suis pas sûr que mes gants ne soient pas des mitaines avant la fin du match.

C’est au tour d’Anthony Lopes de briller ce soir. Le gardien lyonnais semble vouloir rendre la pareille au gardien parisien. On le voit à l’autre bout du terrain s’envoler et être félicité par un Virage Sud des grands soirs. Il écœure à son tour l’attaque adverse, dans l'espoir que le final soit meilleur. On chante pour les soutenir, les aider à tenir, mais aussi pour se prouver que le temps passe. On ne sait pas quel hurluberlu a ralenti le chrono, mais j’ai l’impression qu’il y en a un qui s’est inspiré du concept Super FootBowl (Marketing quand tu nous tiens) et qu’il met pause à chaque sortie du ballon tellement le temps semble ne pas vouloir s’écouler. Thomas Tuchel tente des changements, un Cavani plutôt nerveux laisse sa place à Choupo-Moting, sur le papier ça semble positif pour l’OL, mais à en voir notre capacité à prendre des vieux buts, on se dit que ce n’est pas forcément garant de sécurité. Et ce n'est pas lorsque les lyonnais manquent deux actions de 3-1 par Maxwell Cornet, qui a remplacé Traoré, et Dembélé, qu'on en vient à se rassurer. On continue à s'égosiller sans voir le temps passer sur cette horloge... Le temps additionnel est annoncé : 3 minutes, ce n’est pas cher payé mais on ne s'en plaindra pas. La tension monte dans le stade et visiblement sur le terrain aussi, Draxler et Fekir sortent tour à tour des tacles assassins qui pourraient valoir le rouge et sur un dernier dégagement, Clément Turpin libère 60 000 lyonnais pour pouvoir fêter la grosse performance de ce début d’année 2019. Tant qu’ils devront venir jouer au Parc OL pour assurer une saison d’invincibilité, les parisiens ne pourront pas le faire ! C’est notre forteresse, leur galère ! Le virage ne se videra pas avant que le dernier des joueurs lyonnais n’ait quitté la pelouse. Le stade se vide dans les chants à la gloire de l’OL, on profite car jeudi l’OL retrouve Guingamp alors on ne sait jamais, la joie pourrait être de courte durée…

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À propos de l'auteur

Cet article a été rédigé par tyfoun, membre du Café du Commerce OL.