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Ma drogue, c'est l'Olympique Lyonnais... #VDT10

Le 17.04.2018 par tyfoun

Ce chant décrit à quel point on aime l'OL, à quel point on y est accro... mais une drogue a aussi des côtés néfastes. Oui. Même quand on la sait mauvaise, on la poursuit. C'est cette sensation que l'on rencontre en allant au stade ces derniers temps. On ne peut se passer de notre seconde maison, mais l'absence de spectacle rend parfois ces moments difficiles...

Incertitudes

Il est décidément rare qu'une semaine lyonnaise soit tranquille. Alors que le départ de Bruno Genesio se profilait, le président venait faire comprendre sur le plateau que celui-ci pouvait partir en fin d'exercice. Tout semblait alors parti pour nous emmener vers une fin de l’ère Genesio, nous donnant l’envie de pousser derrière l’équipe afin de pouvoir voir un nouveau coach emmener Lyon le plus loin possible en Ligue des champions l’an prochain. Oui mais voilà rien n’est jamais simple, en conférence d’avant-match Genesio s’annonçait près à relever les défis de fin de saison et ceux de la prochaine... froid. Une fois encore, certains diront que la solution est de ne pas se rendre au stade. Ça n’as jamais été ma mentalité. Le stade on y va aussi pour les potes, les chants, etc. Dans les navettes, ça parle de Ligue des Champions, d’Europa League, alors c’est compliqué sachant que l’OL ne vit plus ces grands matchs et ça nous donne envie de réentendre la fameuse petite musique. Beaucoup d’enfants viennent avec leurs parents, le charme des vacances, ces matchs où naissent les passions, on vient au stade pour la première fois, on découvre ces tribunes qui chantent, on saute au rythme des chants…

Arrivés sur le parvis, on file au virage le temps de prendre une "despé" (pour tester les nouveautés) et on file s’asseoir. Le virage n’est pas très plein, il suit l’échauffement assis, peu de chants, signe d’une passion qui s’étiole, d’un public marqué par une saison trop décevante. Avant le match les Bad Gones remettent deux dons de 2000€ à des associations lyonnaises, un engagement caritatif annuel. Étrangement, pas de discours sur la situation, signe d’un Kop qui ne sait pas comment se positionner. Ou fracture interne ? La situation divise le public, chacun est tiraillé entre le désir de rejouer la Ligue des Champions, et l’envie de voir partir l'entraîneur.

Ça démarrait bien…

Après un dernier hommage à André Lerond, un des tous premiers défenseurs de l’OL, le match démarre sur les chapeaux de roue. Comme je le dis souvent à certains, en tribune quand il y a des actions, cela suffit à provoquer l’euphorie de la foule. C’est le côté magique du foot dans un stade. La moindre action vous fait lever et vous redonne l’envie de chanter. Alors quand Lyon enchaîne trois occasions dans le premier quart d’heure, peu importe le contexte, ça vous donne envie de pousser et de prendre du plaisir à chanter à la gloire de la ville aimée. Les banderoles sortent pour Nico, membre des 1950, disparu il y a peu. Applaudissements et chants d'hommage résonnent au Parc OL qui a perdu un de ses fidèles, un de ses amoureux...

hommage à nico

Puis l’euphorie du premier quart d’heure s'intensifie, Memphis Depay sert Mariano Diaz qui crochète avant d’envoyer le ballon au fond des filets. Le jeu retombe et la mi-temps se profile, Gurtner laisse alors entrevoir ce dont il est capable avec une superbe parade. Le virage applaudit Anthony Lopes pour son retour au vestiaire mais le goût de la première mi-temps reste un peu amer.

L’OL revient en deuxième mi-temps en plein dans ses travers. On s’ennuie ferme et même les actions stoppées par Gurtner ne suffisent pas à relancer l’ambiance. L’idée géniale pour s’amuser viendra des Bad gones : un battle entre l’intermédiaire et l’inférieur, de quoi remotiver un peu les troupes et c’est plus par envie de battre l’inférieur que par envie de pousser les joueurs que l’intermédiaire va s’enflammer, une fois dans le rythme, il lancera même certains chants. Sur le terrain ? Je regarde plus vraiment mais c’est le néant. Les actions semblent occuper le reste du public en virage, il ne reste que les chants une fois encore. On se demande quand entrera Nabil Fekir, le public s’impatiente. Amiens de son côté fait un puis deux changements et nous on va encore attendre la 75ème minute, une habitude qui commence à lasser les tribunes, surtout quand le jeu développé est aussi faible… Le capitaine revient après 50 jours d’absence, sous une ovation motivée par l’envie de voir se joueur se dépasser pour le club mais aussi de le pousser jusqu’en Russie.

Un finish trompeur

Le jeu lyonnais reprend des couleurs, les actions se multiplient, l’OL occupe (enfin) le camp amiénois, le public retrouve de la voix. Il n’est pas question d'oublier la purge proposée pendant 70 minutes mais comme on le disait, c’est la magie du foot : 2 actions consécutives et on s’enflamme comme un seul homme. On sent que le match bascule, les joueurs semblent montrer à nouveau de l’entrain. Et alors que certains quittent déjà le stade (à 1-0 à la 80eme en connaissant l’OL, ils sont quand même sacrément confiants), Fekir lance un contre, trouve Bertrand Traoré qui sort un sprint qui le pousse presque à tomber par terre avant de centrer pour Memphis qui marque son quatrième but en trois matchs… décisif ! Les lyonnais sautent alors tous ensemble. Il s’agit plus d’un sentiment de libération que d’un sentiment de satisfaction. Le stade a cette émulation, pas celle des grands matchs, celle d’un soulagement collectif qui pousse à chanter, c’est dans cette ambiance que Traoré viendra clore le score après une action encore signée Nabil Fekir.

Un score bien lourd au vu du contenu, mais l’OL a encore assuré l’essentiel. Lyon gagne encore une des finales pour la 3eme place, encore une fois sans la manière. Doit-on s’en satisfaire ? C’est l'éternel débat. Au stade il est plus difficile d’avoir le calme froid nécessaire à l’analyse du jeu, oui sur place on se contente du résultat, sur le moment un but nous enflamme. Mais veut-on vraiment vivre une nouvel saison où le jeu peine à enflammer un stade qui peut devenir volcanique? Non, pas vraiment. La communication du club instaure un climat où l’on vient au stade avec le coeur tiraillé. Inacceptable.

À propos de l'auteur

Cet article a été rédigé par tyfoun, membre du Café du Commerce OL.