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PSG - OL : Faites entrer les accusés !

Le 09.10.2018 par Gilf67

Paris Saint-Germain - Olympique Lyonnais. Un match particulier, toujours particulier. Mais ce dimanche 7 octobre 2018 restera douloureux dans la mémoire des supporters lyonnais. Dominant, l'OL a fini dominé, et s'est désintégré sur la pelouse parisienne. À qui la faute ?

Le K.O. de Nabil Fekir

Qui ne s'est pas posé la question à la mi-temps, et surtout après la fin du massacre ? Avec Fekir, l'OL mène, ou au moins revient au score à la pause, non ? Sa blessure et sa sortie dés la septième minute n'a certes pas empêché Lyon de développer un jeu étonnamment séduisant en première période, mais sa présence aurait apporté un plus. Maxwel Cornet, son remplaçant, a eu de grosses occasions, Memphis aussi. Mais pas de buts. C'est un peu la question de la Fekir-dépendance : il n'est pas (ou plus) indispensable à l'OL mais l'équipe n'est pas aussi forte sans lui. Les espaces parfois gigantesques laissés par le PSG en première période auraient été un terrain de jeu parfait pour le numéro 18 lyonnais, qui souffre d'une entorse de la cheville.

Fekir blessé à la cheville doit sortir

On pourrait parler aussi de la blessure à l'épaule de Rafael, mais elle a clairement moins pesé dans la physionomie du match, si ce n'est qu'elle a ajouté une couche d'inexpérience avec l'entrée de Léo Dubois, et que Genesio s'est retrouvé avec un seul changement possible alors qu'il restait une cinquantaine de minutes à jouer.

Lucas Tousart, plutôt deux fois qu'une...

Lucas Tousart est un « bon gars », qui aime son club, qui fait de son mieux ; sa réaction face au carton rouge sorti par monsieur l'arbitre dans le temps additionnel de la première période le prouve. Et puis c'est un bon joueur. Mais cela ne peut pas faire oublier l'erreur presque professionnelle qu'il a commis sur sa seconde faute, en accrochant un Mbappé qui - décidément - aura fait très mal à l'OL. La première faute, sur Verratti à la vingt-sixième, n'a rien de scandaleuse vis-à-vis de l'intensité du match (sept cartons distribués au total) et de la mentalité affichée par le milieu défensif et ses coéquipiers. Le jaune est mérité. Quant à la deuxième faute, elle n'est pas nécessaire du tout, et mérite bien un second jaune. On peut toujours se demander si l'arbitre aurait dû être aussi sévère avec Neymar quelques secondes plus tôt, plutôt que de se contenter de donner un jaune orangé suite à une semelle sur Jeremy Morel, mais on ne peut pas contester la décision d'envoyer Tousart au vestiaire précipitamment. À onze contre dix, qui plus est tout juste avant la deuxième mi-temps, cette erreur a eu un impact catastrophique, redonnant espoir aux Parisiens, et déstabilisant le milieu lyonnais. Le retour à dix contre dix a même donné l'impression que l'OL se retrouvait en infériorité numérique.

Anthony Lopes dans toute sa splendeur

Les sorties d'Anthony Lopes ont quelque chose de mythique. Ça passe... ou ça casse. La saison passée, on se souvient du débat concernant (déjà) la sortie du portier portugais sur Kylian Mbappé. Cette fois-ci, il n'y aura pas de débat, puisque la décision a été claire, et ne peut souffrir d'aucune contestation. À peine Fekir sorti sur blessure, Mbappé était lancé dans la surface du côté de Ferland Mendy. Ce dernier tente de remettre le ballon à son gardien de la tête. Mais Mbappé est trop rapide et Lopes s'est complètement manqué, en accrochant l'attaquant sans toucher le ballon. Antho Lopes n'aurait tout simplement pas dû sortir cette fois-ci, puisque le ballon était beaucoup trop près des pieds de Mbappé et lui beaucoup trop loin pour espérer le toucher avant lui. Quant au penalty qui s'en est suivi, Neymar ajuste et frappe parfaitement. Rien à dire.

Lopes n'a qu'à chercher le ballon au fond de ses cages...

Malgré ce fait de jeu qui a mis inutilement en difficulté l'OL alors que l'entame avait été très bonne, Lopes ne peut pas être rendu coupable de la débâcle. D'abord parce que même en étant menés, les Gones auraient pû et dû au moins égaliser, au vu de leur belle prestation avant la pause. Mais aussi parce que sans cette sortie manquée, on aurait retenu les autres sorties magistrales sur Mbappé en seconde mi-temps : le portier portugais a sauvé plusieurs fois son équipe avant que Mbappé ne trouve enfin la faille à la soixante-et-unième, et commence son festival, sans que le gardien lyonnais ne puisse plus faire quoi que ce soit.

Des offensifs trop offensifs

Bertrand Traoré n'a pas fait la différence face à Bernat, Cornet non plus face à Meunier. Houssem Aouar et Tanguy Ndombele ont quant à eux été mis dans les meilleures dispositions une fois la sortie de Fekir synonyme de passage en 4-3-3, mais Memphis s'est retrouvé lui un peu plus esseulé. Au final, l'OL a produit de belles choses et s'est créé de belles occasions, notamment lors des quarante-cinq premières minutes. Mais une fois à dix contre dix, alors que le score à la reprise paraissait bien injuste, les offensifs ont oublié ce qui a fait la réussite lyonnaise à Manchester contre City : la défense en bloc, le pressing d'équipe, en plus de l'attaque. Mbappé a fait sauter le dernier mur lyonnais surtout parcequ'il n'y avait personne pour protéger, et le pire, c'est que personne n'est par la suite venu sauver ce qui restait à sauver : les joueurs offensifs ont déserté, et ce par volonté presque maniaque de marquer. Sauf qu'un 2-0 aurait fait moins mal qu'un 5-0, et qu'un 10-1 n'aurait pas eu un grand intérêt.

Genesio : le capitaine a coulé avec son navire

L'abnégation, la hargne. La touche Genesio des grands jours, on y a eu droit lors de ce match. Mais ça, c'était avant. Avant les blessures de Fekir et Rafael, avant le rouge de Tousart et avant la furie Mbappé. On notera un passage en 4-3-3 logique une fois Nabil en dehors du terrain. Mais sinon, pas de choix forts, pas de coup tenté. Bien sûr qu'il a accumulé les pépins, et là n'est pas le problème. Le vrai problème, c'est que Genesio a semblé sombrer en même temps que l'OL, en deuxième mi-temps, une fois que le navire avait touché l'iceberg. Ce moment a eu lieu entre la soixante-et-unième et la soixante-quatorzième, et l'iceberg en question est couramment appelé « Kylian Mbappé ». Quatre buts en quatorze minutes, c'est surréaliste, et ça a quelque chose d'horrible de savoir que c'est l'OL qui restera lié à cette statistique folle. Ce qui est plus horrible encore, c'est de voir que le capitaine, alias Bruno Genesio, a gardé le cap et n'a réagi qu'une fois le naufrage certain. L'entrée en jeu de Diop à la soixante-dix-huitième est un geste désespéré plus qu'un choix tactique, et il serait intéressant de savoir quelles consignes ont été données aux matelots. En effet, la réaction des joueurs lors de ces quatorze minutes terribles laisse penser qu'aucune consigne tactique sérieuse n'a été donnée ou respectée pour colmater la brèche. La faute à l'inexpérience des joueurs ? Pas sûr. Ou en tous cas pas seulement : la gestion de la 2ème periode laisse perplexe.

Mbappé et la folie parisienne

On ne pouvait pas ne pas le faire passer devant le jury. C'est LE bourreau des Lyonnais. À lui tout seul, il a changé la physionomie du match, et l'a rendu absolument abominable pour tous les lyonnais. Quelle belle soirée ça a dû être pour lui et tous les Parisiens. Mais pour les fans des Gones que nous sommes, c'est vraiment, mais alors vraiment beaucoup plus mitigé. Il faut se consoler en se disant que Paris est largement trop fort et qu'aucun des « accusés » cités dans cet article n'a autant pesé sur le résultat final que le français de dix-neuf ans, aidé notamment par un très bon Neymar. Il faut se dire aussi que ce 5-0 n'est pas un 5-0 comme les autres : c'est un peu comme si Mbappé avait marqué un unique but... Un pour le prix de quatre.

Finalement, comme d'habitude lors d'une défaite, personne ne peut être déclaré coupable seul. Le football est un sport d'équipe, et la prestation des équipes dépend autant des qualités individuelles que du jeu collectif, et aussi d'une pointe de hasard (de chance ?). Sur ce match là, tous les ingrédients étaient réunis pour que la prestation générale soit spéciale : des faits de jeu marquants et nombreux allant des blessures aux cartons rouges sans oublier les montants qui ont plusieurs fois tremblé, des boulettes individuelles, des prestations collectives qui n'ont pas servi à grand chose, et une individualité décisive qui a illuminé le match. Tactiquement, la rencontre a été assez mauvaise. Mais elle a été par moments plaisante. Et il faut retenir ça aussi, parce que tout n'est jamais tout noir, et il serait dommage de rester sur tous les points négatifs de ce résultat. Un peu d'optimisme ne peut pas nous faire de mal.

 

Crédit photo principale : Journal l'Equipe

À propos de l'auteur

Cet article a été rédigé par Gilf67, membre du Café du Commerce OL.