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#RestezChezVous

L'émotion des dernières minutes

Le 27.01.2020 par NSOL31

L'Homme est fait d'émotions, mais celles que procurent le football sont absolument incomparables à toutes les autres, même réunies en une seule partie. Et pourtant, l'OL est source d'une inconsistance émotionnelle absolument incroyable. Celle-ci se conjugue dans les dernières secondes d'une rencontre.

Jouer avec le feu

Mieux vaut ne pas être cardiaque pour suivre les matchs de l'Olympique lyonnais. Depuis l'ère moderne, c'est-à-dire l'ère Jean-Michel Aulas, l'OL a toujours été un club renversant. Capable du meilleur comme du pire en quelques secondes. Vous n'en êtes pas convaincus ? Voici quelques exemples.

Repartons six années en arrière. Lyon est dans une forme de régime forcé, avec Rémi Garde qui bricole à la tête de l'équipe. Mais Lyon pratique un jeu attrayant, avec l'éclosion de quelques jeunes joueurs talentueux. Alexandre Lacazette, lancé quelques années plus tôt par Claude Puel, en est la figure de proue. Il sera bientôt suivi par Nabil Fekir, Corentin Tolisso, Samuel Umtiti ou encore Anthony Lopes. Nous sommes en 2013-14, et l'OL se bataille pour les places européennes. En cette fin d'année 2013, quelques matchs importants se profilent ; contre Lorient et Marseille. Deux fois d'affilée, les Gones entament fabuleusement le match, avec une avance de deux buts (Gomis et Grenier contre Lorient, Lacazette et Gomis contre Marseille). Mais par deux fois, les adversaires reviendront à la hauteur des lyonnais. Les lorientais le feront même dans le temps additionnel.

Et des exemples de défaite, de matchs nuls ou de victoires concédées comme cela, il y en à la pelle. Prenons les derbys en exemple. Qui ne se souvient pas de ces victoires 3-2 au milieu des années 2000 arrachées dans le temps additionnel ? Ou bien de ce coup-franc égalisateur sublime de Karim Benzema ? Plus récemment, les têtes décisives de Jimmy Briand et de Moussa Dembele sur des centres de Yoann Gourcuff et de Léo Dubois rentrent dans la même catégorie. On passera discrètement sous silence des résultats plus récents, défavorables aux lyonnais, concédés dans les arrêts de jeu.

Se faire peur

Toutes les équipes connaissent certes ce genre de scénarios, mais il semble qu'à l'OL, cela soit plus le fruit d'une marque de fabrique que le seul effet du hasard. Lyon montre fabuleusement et historiquement de la fébrilité dans les fins de rencontre tendues, et cela de tout temps, même contre des adversaires supposément plus faibles. Paradoxalement, le club sait aussi faire preuve d'une force mentale dans les matchs de gala lorsqu'il s'agit d'aller arracher au mental des résultats inespérés dans les dernières secondes d'une rencontre... tout en étant capable, dans les secondes suivantes, de perdre complètement le fil de la rencontre.

Pas besoin de remonter très loin pour trouver des exemples consistants. Tenez, dans la nuit du 21 au 22 janvier 2020, l'Olympique lyonnais était opposé à un autre Olympique, celui de la métropole lilloise. Dans ce choc des deux plus grands clubs olympiques de France (*), l'OL a su faire preuve de sa fébrilité défensive habituelle et encaisser un but d'entrée. Puis, au mental, a égalisé sur l'une de ses seules occasions de la première période avant de se faire malmener pendant encore une petite heure... et de répondre par un exploit individuel, se qualifiant ainsi... non, ce scénario serait trop simpliste.

L'OL a bien évidemment craqué dans les ultimes secondes de la rencontre, malgré la présence de trois défenseurs centraux, et a encaissé un but sur penalty. Un scénario Tarantinesque qui se terminera avec quelque chose qui n'est pas très coutumier des lyonnais (mais qui revient à la mode depuis un certain match en Turquie) : gagner une séance de tirs-au-but. Bref, Lyon a fait tout et son contraire en seulement 90 minutes. La marque de fabrique des grandes équipes, ou bien seulement celle des pensionnaires du Groupama Stadium ?

L'émotion

Mais franchement, toutes ces dernières secondes ne valent-elles pas la peine d'être vécues ? Se souvient-on réellement des désillusions apparues dans les dernières secondes du temps additionnel ? La double confrontation des lyonnais contre Bordeaux en 2013-14 (égalisation de Jimmy Briand dans le temps additionnel au match aller à Gerland alors que les lyonnais sont réduits à 10, victoire avec des buts d'Henri Bédimo et de Corentin Tolisso dans le temps additionnel de la seconde période au match retour alors que Lyon était mené 1-0) ne vaut-elle pas dix fois toutes les désillusions endurées par les Gones ? 

Car ces émotions que nous, supportrices et supporteurs lyonnais, avons vécues devant notre téléviseur, derrière notre poste de radio, dans un virage ou en tribune en train de supporter corps et âme son équipe, elles sont inoubliables. Ce sont ces émotions que nous raconterons émus à notre petite fille ou à notre petit garçon plus tard. Ce sont ces émotions que nos parents, nos frères et nos sœurs nous ont ressassées au cours de notre enfance. C'est pour vivre ces émotions que nous supportons Lyon.

Repensez un instant. Ce but de Grenier face à Montpellier. Ce coup de génie de Memphis face au PSG. Le triplé de Sonny Anderson face à Bruges. Juninho marquant un pénalty dans les dernières minutes face au Celtic. Lacazette en patron face à la Roma. Memphis, encore lui, face à Toulouse... Il y en a tellement. Repensez-y, et souriez devant votre miroir. Car vous avez de la chance de supporter l'Olympique lyonnais.

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(*) Nous ne vous oublions pas, amis nîmois, mais votre saison est compliquée... 

À propos de l'auteur

Cet article a été rédigé par NSOL31, membre du Café du Commerce OL.